Eurovision : l’artiste suisse Nemo rend son trophée pour protester contre la participation d’Israël
Le geste est fort, symbolique et inédit dans l’histoire récente de l’Eurovision. Nemo, l’artiste suisse qui avait remporté l’édition 2024 du concours avec sa chanson The Code, a annoncé qu’il rendait son trophée pour protester contre la participation d’Israël à l’Eurovision 2025. Une décision politique assumée, qui secoue le monde de la musique européenne.
Dans un message publié sur ses réseaux sociaux, Nemo a expliqué ne plus vouloir être associé à un événement qui, selon lui, « ferme les yeux sur la souffrance humaine ». L’artiste pointe du doigt la décision de l’Union européenne de radiodiffusion (UER) de maintenir Israël dans la compétition malgré les appels au boycott liés à la guerre en cours à Gaza. « L’Eurovision a toujours prôné les valeurs de paix et d’unité. Aujourd’hui, ces valeurs sont trahies », écrit-il.
Cette prise de position n’a pas tardé à faire réagir. Tandis que de nombreux internautes saluent le courage de Nemo, d’autres dénoncent une instrumentalisation politique d’un événement censé rester apolitique. La télévision suisse SRF a déclaré « respecter la décision personnelle de l’artiste » tout en réaffirmant son attachement aux valeurs d’inclusion du concours.
Ce geste met en lumière un débat de fond sur la place du politique dans la culture populaire. L’Eurovision, qui attire chaque année plus de 150 millions de téléspectateurs, se retrouve une fois encore au cœur d’une controverse géopolitique. En 2022, la Russie avait été exclue du concours après l’invasion de l’Ukraine. En 2025, c’est la participation d’Israël qui pourrait bien diviser l’Europe musicale.
Quoi qu’il en soit, Nemo marque un précédent : celui d’un artiste qui renonce à la gloire pour défendre une conviction. Et dans le tumulte d’un monde où l’art et la politique s’entremêlent de plus en plus, son geste résonne bien au-delà des frontières helvétiques.